De la Reine Victoria à Kylie Jenner, histoire de l'influenceur

Il y a quelques mois, le mot « influenceur » est officiellement entré dans le dictionnaire. Aujourd’hui, influenceur fait écho à Instagram, YouTube et d’une foule d’autres plateformes de réseaux sociaux sur lesquelles des individus sont considérés comme des experts dans leur domaine : maquillage, fitness, cuisine, jeux vidéo, mode, etc.

Mais influencer n’est en aucun cas un phénomène propre au 21ème siècle. Cet effet d’entrainement que peut avoir une personne ou un groupe de personnes sur d’autres existent depuis des siècles que ce soit par le biais de mentions officielles ou purement par centres d’intérêts communs.

Un sceau d’approbation

Les personnalités ont toujours eu un impact sur la société. Cependant, ce n’est que vers le milieu du 19ème siècle, avec l’avènement de la photographie, que l’idée d’utiliser les images pour définir des tendances commencent réellement. La reine Victoria a été une pionnière dans l’utilisation de la photographie. C’est ainsi qu’est apparu la tendance de bracelets à breloques ou de la robe de mariée blanche !

Et ce n’est pas la seule façon dont la reine Victoria a influencé la société au 19ème siècle : le Royal Warrant a été créé en 1840 et délivré à toute entreprise fournissant des biens ou des services à la maison royale pour lui donner, littéralement, un « sceau d’approbation royal. » A ce jour, le Royal Warrant est toujours considéré comme un badge d’honneur, ce qui contribue à la respectabilité des marques qui en bénéficient telles que Barbour ou HP Sauce. Lucratif, ce sceau peut permettre à une entreprise une hausse moyenne de 5% de son chiffre d’affaires. A l’échelle d’Aston Martin, par exemple, cela équivaut à la modeste somme de 43,8 millions £.

 

L’âge d’or d’Hollywood

Le début du 20ème siècle et l’arrivée du cinéma ont marqué une nouvelle étape dans le pouvoir d’influencer. Cet âge d’or d’Hollywood a vu des immenses stars comme Grace Kelly, Marlène Dietrich, Audrey Hepburn ou encore Marilyn Monroe incarner l’idée du glamour, de la richesse et de la sophistication. Et tout ce que ces stars ont pu toucher devenait très rapidement le dernier accessoire indispensable à se procurer et avec lequel s’afficher.

Par exemple, après que Grace Kelly fut photographiée avec une sacoche Hermès en 1956, celle-ci a immédiatement été rebaptisée le « Sac Kelly » et est devenue, depuis, un objet iconique.

Ces stars ont très vite été conscientes que l’opinion du public et qu’une image soignée étaient la clé de leur succès. Au travers de leurs différents fils, elles ont eu une influence écrasante sur notre société et sont, toujours aujourd’hui, perçues avec nostalgie.

La publicité

Les actrices de l’âge d’or hollywoodien ont été remplacées à partir des années 60 par une nouvelle génération d’influenceurs. Le célèbre Ad Men de Madison Avenu, avec David Ogilvy à la barre, a été rendu populaire par ses positions imprégnées de whisky diffusé sur un nouveau média, la télévision. C’est ainsi qu’à commence l’ère de la publication de masse avec le soutien de célébrités ornant les affiches publicitaires et les écrans de télévision.

Les consommateurs ont clairement dévoré ce que les annonceurs et publicitaires leur ont proposé, convaincus de la bienveillance de ceux-ci. A cette époque, par exemple, les publicités pour de l’alcool ou des cigarettes ne mentionnait d’aucune manière les méfaits pour la santé.

La naissance des relations publiques

Influencer n’est pas l’apanage des célébrités. Les journalistes ont, eux aussi cette capacité. A partir du 18ème siècle, de plus en plus de journaux se sont créés avec un angle politique et auxquels ont participé les intellectuels contemporains. On retrouve ainsi bon nombre de leurs chroniques dans les journaux de l’époque comme par exemple dans le numéro de The Examiner du 1er juillet 1713 dans lequel Jonathan Swift, plume de Gulliver, y a rédigé un pamphlet.

Puis, au début du 20ème siècle, les journaux connaissent un nouvel âge avec la généralisation des gros titres accrocheurs comme en témoigne la rivalité entre Hearst et Pulitzer que nous pouvons observer aujourd’hui. C’est cette capacité à saisir l’intérêt des lecteurs qui a rendu leurs contributions au discours public si puissantes. Le Watergate est une autre preuve du pouvoir d’influence des journalistes, l’enquête menée par le Washington Post qui a conduit à la démission du Président américain Nixon en 1974.

Mais la capacité d’influence du journalisme ne se limite pas à la politique mais à l’économie, à l’environnement, la culture, la famille et tous les aspects de notre société. C’est ainsi qu’émerge le métier des relations presse et relations publiques en marge du développement de la presse pour aider à diriger cette influence.

 

Keeping up with Kylie

Ces dernières années, avec l’utilisation généralisée des médias sociaux, influencer est devenu un métier à part entière et accessible à tous.

Les réseaux les plus visuels, telles qu’Instagram et YouTube, sont devenus des plateformes de prédilection pour les influenceurs qui tentent de se connecter avec leur public par le biais de tutoriels et routines beauté, de hauls mode, de photos de voyages, de partage d’opinions sur des livres, films, jeux vidéo, etc.

L’influenceuse la plus médiatisée en 2019 est Kylie Jenner, la cadette du clan Kardashian. Personnalité dont les photos partagées sont les plus « likées » sur les réseaux sociaux, Kylie Jenner, la vingtaine, a construit un empire cosmétique de 900 millions de dollars et compte parmi les plus jeunes milliardaires au monde. En postant une photo d’elle se maquillant à ses 135 millions de followers sur Instagram, ses produits se vendent immédiatement à plusieurs millions d’exemplaires.

La force des médias sociaux est puisqu’ils donnent une apparence de banalité et de relations plus personnelles entre les célébrités et leurs publics quand les grandes stars des années 90 et précédent semblaient inaccessibles.

Aussi bien que la technologie favorise l’émergence de nouvelles plateformes média créatives, qu’il s’agisse de la photographie, de la télévision ou des réseaux sociaux, de nouveaux types d’influenceurs apparaissent. Dans cette optique, l’influence de la reine Victoria n’est pas différence de celle aujourd’hui de Kylie Jenner. Le support a changé mais ceux qui consomment ces images ont la même particularité : l’envie d’être influencé.

Une chose est certaine : peu importe votre secteur d’activité ou votre communauté, il y aura toujours un influenceur – une source jugée plus crédible que les autres. C’est la façon dont vous vous alignez et collaborer avec cet individu qui pourrait faire que votre marque se distingue.

Cet article est à retrouver dans sa version originale : https://www.fourthday.co.uk/from-victoria-to-kylie-a-history-of-the-influencer/

L'auteur

Cindy est consultante RP senior au sein de Quatrième Jour. Elle est également responsable de notre agence de Casablanca.

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