Regard
Forte d’une expérience de près de 30 ans en communication, Rachel Murray, consultante au sein de notre bureau de Londres, s’est interrogée sur l'évolution de la relation RP/journalistes.
Read more
Etude
Nous avons suivi le webinar CISION sur les attentes des journalistes vis-à-vis des communicants. Voici ce que nous avons appris.
Read more
Journalistes et communicants, où en est-on ?
Récemment, Cision a publié « 2023 : State of the Media », un livre blanc décryptant les relations entre les journalistes et les communicants.
Read more
Des journalistes et des attachés de presse
Analyse de la relation (souvent compliquée) entre journalistes et attachés de presse, et comment l'application de certaines théories de la psychologie pourrait aider tout le monde.
Read more
Bonnes pratiques
Avec l’essor des LLM, les communiqués de presse doivent être encore plus clairs et plus structurés pour éviter les erreurs d'interprétation.
Read more
Relations... Publiques ou publics ?
Les relations publiques ne se limitent plus à la presse : elles orchestrent la présence et l’influence des entreprises sur tous leurs publics : humains, décisionnels et algorithmiques.
Read more
Etude
Voici les enseignements essentiels de la dernière étude CISION sur les défis et opportunités de l'industrie des relations publiques.
Read more
Breaking the Fourth Wall
Pour ce nouvel article de notre série Fourth Wall, Nikki Scrivener s’entretient avec Chris Lee, expert en relations publiques B2B et stratégie de contenu, à propos de l’essor de la recherche par IA.
Read more
Nouveau média
Face au bruit généré par tous les contenus IA et la multiplication des formes de prises de parole notamment sur LinkedIn, Substack s’impose de plus en plus.
Read more
Eclairage
Substack est-il un outil précieux et fiable pour les relations publiques, ou s'agit-il simplement d'une plateforme de réseau social où l'on peut trouver quelques avis d'experts ?
Read more
S
ubstack n’est pas encore un terrain totalement rassurant pour les professionnels des relations publiques. Xanthe Vaughan Williams, directrice associée de Fourth Day, vous en dit plus dans cet article.
Créée en 2017, la plateforme Substack permet à des journalistes, auteurs et penseurs d’envoyer directement leurs contenus dans la boîte mail de leurs abonnés. Et sa croissance est spectaculaire : en nombre d’abonnés numériques, elle se place aujourd’hui juste derrière le New York Times.
Son ascension a pourtant eu lieu sans véritable éclat. Alors que la presse traditionnelle s’érode et que les réseaux sociaux occupent une place croissante, Substack a, patiemment, fédéré un lectorat solide. Résultat : le monde des RP commence sérieusement à s’y intéresser.
Avec plus de 5 millions d’abonnés payants (en mars) et près de 35 millions de lecteurs actifs, Substack est devenue un acteur incontournable. Au Royaume-Uni, des médias indépendants comme The Mill ou The Lead s’appuient déjà sur ce format pour produire et diffuser des contenus exigeants. De leur côté, de nombreux journalistes indépendants y trouvent un espace pour mener leurs enquêtes, publier librement — et être rémunérés pour cela.
Mais au-delà du tableau séduisant, une question demeure : Substack représente-t-elle un espace fiable pour les RP, ou simplement un vaste réseau social où flotte, çà et là, un peu d’expertise ?
Les forces de Substack
Le premier avantage, indéniable, est l’ampleur de sa communauté. La plateforme offre, en théorie, une segmentation fine sur pratiquement tous les sujets. Les abonnés ne suivent pas une ligne éditoriale, mais une personne : un journaliste, un auteur, une voix. Que l’auteur s’adresse à 100 lecteurs ou à 10 000, tous se sont inscrits pour lire son point de vue — ce qui crée un engagement authentique.
Pour les relations presse, c’est une opportunité : si un journaliste Substack s’intéresse à votre histoire, il y a fort à parier que son audience y sera également sensible. Et certains auteurs disposent d’une influence bien plus large que leur newsletter : podcasts, chaînes YouTube, collaborations… Substack n’est souvent qu’une pièce de leur écosystème. Parfois même, d’autres journalistes les suivent pour capter des angles inédits — une porte d’entrée intéressante pour vos porte-parole.
… mais aussi ses limites
Cet univers n’est toutefois pas dénué de fragilités — et certaines sont loin d’être anecdotiques.
Trouver le bon auteur n’est pas simple
Identifier la bonne newsletter demande du temps. Il faut repérer les écrivains dont l’audience correspond réellement à votre cible, et s’assurer qu’ils produisent du contenu fiable et régulier. D’autant plus que l’audience de Substack reste largement américaine. Selon Similarweb, ses autres marchés majeurs sont le Royaume-Uni, l’Inde et l’Australie. Autrement dit : atteindre une niche britannique ou un segment très spécialisé peut s’avérer complexe.
L’absence de supervision éditoriale
C’est probablement le point le plus sensible. Les auteurs Substack n’ont ni éditeur, ni secrétaire de rédaction. Ils publient seuls, sans filet.
Dans ce contexte, le contenu que vous leur proposez doit être soigné, précis, bien construit — bref, immédiatement exploitable.
Mais cette liberté éditoriale totale a un revers : pour certains auteurs, elle signifie aussi liberté vis-à-vis des faits… et parfois même du bon sens. Votre marque peut se retrouver citée dans un texte sérieux et pertinent, puis apparaître juste à côté d’un article complotiste ou d’un pamphlet rageur.
Dans la presse spécialisée, voir son porte-parole associé à un titre controversé est déjà inconfortable ; sur Substack, l’effet peut être décuplé. En 2023, The Atlantic résumait bien le problème en affirmant que « Substack a un problème avec les nazis » — une dérive dont les médias traditionnels sont, en principe, mieux protégés.
Un fonctionnement proche des réseaux sociaux
Le flux Substack fonctionne comme celui d’un réseau social. On peut recevoir du contenu qui ne correspond pas du tout à ses abonnements, ce qui crée un environnement moins lisible et parfois déroutant.
***
Substack mérite d’être approchée avec la même prudence que X ou Facebook. Mais elle offre aussi une vraie opportunité : toucher des communautés spécialisées, engagées, parfois plus réceptives que celles des médias traditionnels.
Autrement dit : une plateforme à utiliser… mais avec discernement.